Publiée le 6 janvier 2015 Par Emilie de info-thailande.fr

Découvrez l’histoire de la Thailande

Depuis le début du premier millénaire de notre ère, plusieurs dynasties ont régné sur diverses régions de la Thaïlande. Il fallut toutefois attendre l’essor du royaume de Sukhothai au XIIIe siècle pour que le pays acquière sa véritable identité. Baptisé Siam par les étrangers à partir du XIIe siècle jusqu’au milieu du XXeme, le royaume était désigné par le nom de la capitale de la dynastie en place. Revenons sur les dates manquantes de cette histoire

4e/8eme siècle

Malgré le manque de traces archéologiques, on pense que le Nord-Est de la thaïlande étaient déjà peuplé il y a plus de 10 000 ans. Avant la vague de migration des Thais venus du sud de la Chine, au milieu du XIII eme siècle, l’influence des Môn  se répand en thaïlande, dont la capitale était sans doute installée à Nakhon Pathom, à l’ouest de Bangkok (présence de pièces de monnaie portant le nom de Dvaravati en sanskrit, écrits indiens)

9e/13eme siècle:

A son apogée, l’empire Khmer étendait sa domination sur l’ensemble de l’Asie du Sud-Est. Sa capitale, Angkor, rayonnait jusqu’à la frontière entre le Myanmar et la Thaïlande à l’Ouest, le Laos au Nord et Nakhon Si Thammarat, en Thaïlande, au Sud. Ils bâtirent des temples et des villes magnifiques (comme nous le témoigne les temples de Prasat Hin Phimai et de Prasat Phanom Rung).
Le plus impressionnant est la présence d’auberges, de cliniques et de lieux de cultes pour les pèlerins.

13/14 eme siècle: Le royaume de Sukhothai

Les souverains des principautés khmères de la vallée du Mékong reprirent au début du 13e siècle leurs distances vis-à-vis de leurs suzerains d’Angkor et le pouvoir central de cette cité tomba rapidement en décadence.
En 1238, le prince Inthradit mit en déroute les soldats khmère de Sukhothai et prit le pouvoir. Finalement, d’autres principautés se joignirent à Inthradit pour écraser les Khmers et fonder le royaume de Sukhothai (« Aube de la félicité ») dont le prince se proclama le premier souverain. On considère Sukhothai, qui se libéra de l’héritage Khmers comme le premier véritable royaume thaïlandais.En dépit de sa courte durée, cette période a laissé un patrimoine culturel, politique et religieux qui a constitué le fondement d’une nouvelle identité thaïlandaise, un héritage en grande partie attribué à Rama Khamheng. De 1280 à 1318, le roi Rama Khamheng oeuvra pour l’unification du peuple thai et l’épanouissement du royaume. Le plus important est que ce roi n’usa pas de son sabre pour étendre son territoire: l’habileté diplomatique et la sagesse politique furent les principales armes pour unir les peuples de Thaïlande et nouer des amitiés avec ses ennemis potentiels. On parle de cette période comme « l’âge d’or ». On lui attribue l’invention de l’alphabet, la création d’une école artistique où chacun des artistes, architectes… développèrent leurs propres styles. Les signes de prospérité se voyaient par  l’ abondance de nourriture, le libre-échange ou encore l’abolition de l’esclavage. Rama Khamheng ranima le bouddhisme theravada en appuyant son pouvoir sur les préceptes de cette religion. Son approche éclairée permit à Sukhothai de connaître une paix et une prospérité sans précédent. Sukhothai tomba définitivement dans la décadence à la mort  de Rama Khamheng, les souverains successifs ne parvenant pas à maintenir une cohésion politique et économique.
En 1438, Sukhothai tomba sous le joug d’Ayutthaya. Elle sombra dans l’oubli pendant 4 siècles jusqu’à sa redécouverte au milieu du XIXeme siècle. Aujourd’hui, elle fait partie d’un parc historique, visiter en grand nombre.

14e/18eme siècle: Le royaume d’Ayutthaya

A la fin du XIVe siècle, tandis que Sukhothai  subissait les errements des descendants de Rama Khamheng, la conjoncture se prêtait parfaitement à l’arrivée d’une nouvelle force. Ayutthaya (dépendance de Sukhothai) avait revendiqué son autonomie dés la mort du roi. En 1350, Uthong fonda la cité d’Ayutthaya et se proclama roi sous le nom de Rama Thibodi 1er. A l’opposé du précédent roi, Rama Thibodi 1er employa à asseoir son empire en lançant des assaut sanglants sur Sukhothai et les petits Etats vassaux situés au sud ( un fossé infranchissable se creusa entre la royauté et ses sujets).
Jusqu’en 1569, les rois et les guerres se succédèrent afin d’unifier et centraliser le pouvoir militaire et administratif à Ayutthaya. On retient la création du système foncier de sakdi naa qui définit les règles et l’ordre de la hiérarchie sociale pour les 4 siècles à venir et qui subsiste aujourd’hui encore sous une forme plus souple.
En 1569, les Birmans envahissent et saccagent Ayutthaya mais il fallut moins de 20 ans au royaume pour retrouver son indépendance.
Entre 1656 et 1688, Ayutthaya ouvre ses portes aux visiteurs européens ( Portugais, Hollandais, Britanniques, Français…), elle deviendra la plus magnifique des cités du Sud-Est asiatique. Mais à la mort du roi Narai, les relations furent interrompues. Une garnison de 600 soldats français fut expulsée de la ville à la suite d’un complot visant à convertir le roi au christianisme. (le mot en thai farang qui désigne l’étranger vient du mot farangset signifiant « français »). Les successeurs de Narai doutèrent alors des intentions politiques français et fermèrent les portes de leur royaume à tous les étrangers durant plus d’un siècle et demi.
En 1767, les Birmans n’abandonnèrent pas leur guerre contre Ayutthaya. La capitale fut assiégée, pillée et incendiée. 7 mois plus tard, le général Taksin boute les Birmans hors du pays et décide de transférer la capitale à Thonburi (face à l’actuel Bangkok) dans un endroit plus facile à défendre. En dépit de ses succès militaires, Taksin négligea ses devoirs adminstratifs et sombra lentement dans la folie. Il fut exécuter selon la tradition réservée aux membres de la famille royale: battu à mort enveloppé d’un sac de velours afin qu’aucune goutte ne touche le sol.

1872/ à nos jours: La dynastie des Chakri

A la mort de Taksin, Chao Phraya Chakri fut couronné sous le nom de Rama 1er et fonda la dynastie des Chakri, dont la lignée perdurent aujourd’hui. En 1782, le nouveau monarque déplaça la capitale de l’autre côté du Chao Phraya, à Bangkok et entreprit de sécuriser la ville une fois pour toute contre les Birmans. Il s’employa à restaurer la splendeur de l’architecture et de l’art thaïlandais ( Rama II construit le Wat Arun). Le nouveau royaume se concentra sur la renaissance des modèles d’Ayutthaya. Les connaissances et les pratiques qui avaient survécu furent maintenues ou incorporées dans de nouvelles lois. Les rois Rama II et III rétablirent de manière prudente les relations avec les puissances européennes.
De 1851 à 1868, le roi Mongkut (Rama IV) prit le pouvoir et passa 27 années dans un monastère afin de développer ses connaissances et se rapprocher des origines de la foi. Il mit à profit ses connaissances durant son règne et devint un souverain éclairé. On lui attribue la modernisation avec la destruction des monopoles royaux (grâce aux échanges avec l’Occident), l’évolution du système légal et les réformes sociales inspirées de ses échanges.
En 1868, son fils Rama V poursuivit son oeuvre de réforme et de modernisation. Il abolit l’esclavage, supervisa la création d’une nouvelle ville (hôpital, bureau de poste et ligne de chemin de fer), créa un corps de fonctionnaires (police et armée active) et améliora le système éducatif. Les rois successifs continuèrent d’adopter les modèles européens afin de s’adapter au nouvel ordre mondial.

1925/ à nos jours: L’époque contemporaine

De 1925 à 1935, le roi Rama VII fut le dernier monarque absolu de la dynastie des Chakri. En 1932, un groupe d’étudiants démocrates, qui se faisait appeler Khana Ratsadon (parti du peuple) organisa un coup d’Etat victorieux. Cette révolution sans effusion de sang instaura une monarchie constitutionnelle et fit de Siam un Etat démocratique doté d’un parlement. La royauté conserva ainsi un important rôle protocolaire dans les affaires de l’Etat. Déçu par les événements, Rama VII abdiqua et s’exila en Grande-Bretagne sans nommer son successeur.  Le parti ne tarda pas à se diviser. En 1938, le général Phibul Songkhram (1897/1964), l’un des partisans de la démocratie, s’empara du pouvoir. Il renomma le pays Thaïlande en 1939 et tint les rênes du pouvoir, jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale (laissant les japonais utiliser la Thaïlande comme base pour attaquer les colonies britanniques du Sud-Est asiatique). Pendant la guerre froide et la guerre du Vietnam, les dirigeants militaires thailandais obtinrent légitimité et soutien économique de la part des Etats-Unis en échange de l’usage d’installations militaires en Thailande.
Des années 1950 au début des années 1970, plusieurs gouvernements se succédèrent à la tête du pays qu’ils dirigèrent d’une poigne de fer.
Dans les années 1970, une prise de conscience politique émergea dans les universités provoquant un bouleversement culturel dans le pays.
En 1973, les militaires quittèrent le pouvoir sous la pression de plus d’un demi million de personnes qui manifestèrent à Bangkok afin d’exiger une Constitution. La répression sanglante de cette manifestation déboucha sur l’effondrement du régime et l’introduction d’un gouvernement constitutionnel élu. Celui-ci dura 3 ans, avant qu’un nouveau massacre ne se produise et que l’armée ne reprenne le contrôle du pouvoir.
Dans les années 1980, le général Prem Tinsulanonda (1920-), surnommé « le soldat politique », instaura une ère de stabilité politique et économique qui déboucha sur l’élection, en 1988, d’un gouvernement civil. Chatichai Choonhavan, vainqueur de ses élections, présida la poursuite de la démocratisation du pays et à une croissance économique sans précédent, malgré la propagation de la corruption.
Sous prétexte de remédier à cette corruption, les militaires intervinrent le 23 février 1991: un coup d’Etat sans violence mit alors fin au régime civil et le pouvoir fut confié au Conseil national de maintien de la paix conduit par le général Suchinda Kraprayoon (1933/).
En mars 1992, les militaires ouvrirent le feu sur des manifestants. Le roi exigea que ce dernier mette fin à cette folie.  Les événements de 1992 ont joué un rôle essentiel dans le processus de démocratisation de la Thaïlande, permettant notamment l’organisation régulière d’élections générales.
La crise financière de 1997 mit l’économie en déroute et le gouvernement fut très critiqué pour sa mauvaise gestion. Le milliardaire Thaksin Shinawatra profita de cette situation pour gagner le soutien des pauvres des villes et des campagnes.
De 2001 à 2005, Thaksin et son parti s’approprièrent le paysage politique (remplacement des personnages militaires importants par ses fidèles). Le 19 septembre 2006, l’armée organisa un coup d’Etat sans effusion de sang qui mit fin à la plus longue période de gouvernement démocratique qu’ait connue le pays. Mais celui-ci n’assura pas la stabilité politique. Les élections replacèrent les alliés de Thaksin au pouvoir, victoire inacceptable pour l’aristocratie de Bangkok, qui, avec le soutien de l’armée, organisa d’immenses manifestations pendant une semaine en 2008.
En 2011, la victoire Yingluck Shinawatra, soeur de Thaksin, a marqué un certain calme politique (augmentation du salaire minimum, main tendue en direction de l’armée et de la monarchie, engagement à travailler à la réconciliation nationale…)

La monarchie moderne:

En 1946, Bhumidol (Rama IX) devint roi et l’est encore à ce jour. Au début de son règne, le roi était un symbole, soutenu par diverses factions pour créer une image d’unité nationale et de légitimité. Mais les différents évènements favorisa l’élargissement du rôle royal, considérant le roi comme une »autorité unificatrice » de la nation. Grâce à des projets de développement rural , le roi se fit une réputation de défenseur des pauvres.
Pendant les violences de 1970, le roi devint le médiateur dans un paysage politique tumulteux et appela à la démission des dirigeants militaires. Il autorisa le retour du gouvernement militaire 3 années plus tard, geste symbolique qui contribua à maintenir l’ordre.
En 1992, le roi convoqua les dirigeants des factions adverses afin de tenter d’apaiser les manifestants. Le roi est aujourd’hui à la santé fragile, et l’avenir politique du pays demeure incertain. Depuis la fin des années 1950, la palais et l’armée entretiennent des relations étroites. Lors des récentes confrontations politiques, le roi s’est tenu au-dessus de la mêlée. Pourtant, le rôle du palais dans es manifestations entre les groupes anti-Thakin, qui arborent les couleurs royales et affirment protéger le roi, et les pro-Thakin, qui se considèrent comme les héritiers de la révolution de 1932, indique la déstabilisation du statut unificateur du monarque. Cette situation inquiète beaucoup de Thaïlandais. Le successeur logique de Rama IX, le prince héritier Vajiralongkorn, assume déjà certains devoirs royaux de son père.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *