Publiée le 31 mars 2014 Par Emilie de info-thailande.fr

Mokens : les gitans de la mer

Les gitans de la mer, du sud de la Thailande, les « Chao Lae » en thai ou « peuple de la mer »se divisent en trois groupes : les “Mokens”, les “Urak Lawoi” et les “Moklens” . Au nombre de 4000 à 5000, ils vivent dans des bungalows sur la côte ou sur ces embarcations qui sillonnent la littoral du sud de Ranong jusqu’à Ko Tarutao, une île proche de la frontière malaise.

Ce peuple considéré comme indigène fait vraisemblablement partie des premiers habitants de la région, son arrivée précédant celle des thais de plusieurs siècles. Plus petit et plus mat que les thais, ils s’apparentent davantage aux « orang laut » les gitans de la mer de Malaisie.
Leurs croyances, profondément ancrées dans l’animisme, les maintient à l’écart des religions bouddhique et musulmane. Ils vénèrent les esprits tutélaires, surtout ceux du vent, de l’eau et des îles. A la pleine lune des sixième et onzième mois lunaires, ils cessent de travailler durant 3 jours pour festoyer, danser, chanter, s’enivrer et entrer en transe.

Peuple en marge de la société thailandaise méridionale,les gitans de la mer sont détachées des valeurs matérielles et refusent les innovations techniques.
Timide et craintif, ils refusent toute autorité centrale et ne reconnaissent aucune administration… ainsi toutes les conditions sont réunies pour qu’ils soient mis en marge de la société.
Pour la Thailande, les “Chao Lae” sont des invités de longue date et non des citoyens. Sans langage écrit, sans biens matériels, leur éléments qui permettraient de retracer leur passé sont rares.

Présentation de ce peuple

L’île de Surin est la maison d’environ 150 Mokens mais ce peuple se concentre, principalement, au nord de Ko Phra Thong à la frontière birmane. Ils sont les moins bien adaptés à la vie moderne. Ils privilégient la pirogue traditionnelle aux « longtail boats » motorisés , sans aucune attache avec la terre ferme. Cependant, après le tsunami de 2004, le gouvernement leur a offert des petites maisons sur pilotis afin de les protéger… mais ils préfèrent naviguer sur la mer d’Andaman.  Ils se nourrissent de coquillages et des récifs (par opposition avec la pêche). Leur revenu provient de la vente de coquillages, des produits marins mais aussi d’objets en bois fabriqués par eux-même, pour les touristes.
En avril, ils honorent leurs ancêtres en mettant à l’eau, depuis la plage, des bateaux miniatures aux décorations colorées. Ses embarcations symbolisent la fortune du clan. (fête en privé)

Les Urak Lawoi constituent le groupe le plus important avec environ 2500 personnes. Ils habitent des cahutes sur les plages de Phuket à Ko Tarutao et survivent grâce à la pêche et aux objets trouvés en ratissant le sable. Assez bien intégrés au reste de la société, ils ont la nationalité thailandaise.

Un avenir sombre….

Malheureusement, ce peuple gêne… Plusieurs raisons sont trouvés pour les rendre sédentaire et les contraindre à vivre à l’intérieur des terres. Au nom de la défense de l’environnement, des grandes étendues de mer leur sont désormais interdites. Coraux et coquillages se raréfiant, ils n’ont plus le droit de les récolter pour manger ou les vendre aux visiteurs.
De plus, petit à petit, les “gitans” thailandais risquent d’être chassés de leurs terres par l’avancée des complexes touristiques. Ne sachant pas lire, ni écrire, ils ignoraient qu’ils devaient enregistrer la terre à leur nom… Conclusion, ils n’ont aucun titre de propriété.
Face à cela, les promoteurs deviennent propriétaire de leur terrain, les expulsant vers l’intérieur des terres… condamnant ainsi leur coutume et leur vie.

1 Réponse

  1. Bonjour,
    Lors de votre précédent commentaire, vous n’avez fait pas de votre futur voyage en Thaïlande. Avez vous rencontrer le peuple moken? Quelles ont été vos sentiments?
    En vous remerciant pour ce commentaire
    Emilie

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