Publiée le 14 janvier 2015 Par Emilie de info-thailande.fr

La boxe thailandaise

La boxe thaïlandaise n’est pas le véritable nom de ce noble sport, il est important d’attribuer le véritable nom à cette discipline : le muay thai . Les combattants se nomment les nakmuays.
La boxe thaï n’est en aucun cas un art martial : bien qu’elle soit imprégnée par un fort courant religieux, elle ne prétend pas développer de philosophie particulière.
C’est un sport de combat mais quel sport de combat! D’une efficacité redoutable, la boxe thaï est synonyme de courage et de combativité.

La boxe thaï est qualifiée de sport aux 8 armes car on utilise les 2 poings, les 2 coudes, les 2 genoux et les 2 pieds. Les combattants utilisent ses « armes » pour frapper leur adversaire sur n’importe quelle partie du corps selon l’opportunité qui se présente.  Mais aux origines ancestrales, ce sport est animé par le respect de l’adversaire, l’honneur et le dignité des combattants.
Le répertoire gestuel est relativement simple et comporte peu de techniques. Cependant, chacune d’elles est répétées jusqu’à devenir une seconde nature, un automatisme parfait. Manière de mélanger magistralement la vie et l’art.

L’histoire de la boxe thaïlandaise

L’origine exacte de la boxe thaï demeure imprécise mais on affirme qu’il y a environ 500 ans prenait naissance dans l’ancien royaume de Siam, une forme de combat unique.
En 1767, les troupes birmanes envahirent Ayutthaya et firent de nombreux prisonniers thaïlandais dont le fameux Naï Khanom Dtom. Le roi ordonna qu’un tournoi serai organisé entre les meilleurs nakmuays prisonniers et ses propres champions. Avant de combattre, Naï Khanom Dtom exécuta une danse, le rom muay, qui laissa perplexe toute l’assemblée.
A la suite, il mit ko plus de 11 adversaires: la réputation de la boxe thaï était née.

Conseil du guide :

Une fois par an, les plus grands stadiums de Bangkok rendent hommage à ce boxeur et à son courage en lui dédiant une soirée de gala portant son nom.

A cette époque, les combats sont libres. Il n’y a pas de règle définie; seul l’accord verbal entre les participants forme un pseudo-règlement: pas de catégorie de poids, ni de victoire aux points. Chaque combat se termine par une mise hors combat par ko de l’un des combattants. Il n’y a pas non plus de gants tels que nous en utilisons aujourd’hui. En tant que spectateur, on a du mal à croire que ces combats aient pu être plus violents que ceux auxquels on assiste aujourd’hui. Pourtant, jusqu’en 1930, les boxeurs avaient le droit de griffer, d’étrangler, de mordre et de cracher.
C’est en 1927 que l’histoire de la boxe thaï entre dans sa phase moderne. Devant de nombreux accidents mortels, le gouvernement thaï décide de codifier cette boxe en s’inspirant des règles de la boxe anglaise. On crée des catégories de poids, les combats se déroulent en plusieurs rounds, sur un ring et le port des gants en cuir est obligatoire.
Aujourd’hui, la boxe thaï jouit d’une grande notoriété en Thaïlande. Plus qu’un simple sport, c’est une véritable institution nationale. Avec 70 000 boxeurs professionnels, la boxe thaï fait partie intégrante de l’économie du pays. Elle est génératrice de plus de 250 000 emplois.
Pour un jeune thaïlandais, la boxe représente le moyen d’assurer pour lui et sa famille, un avenir meilleur, une réussite et une reconnaissance social. Les postulants sont nombreux mais il y a peu d’élus.
L’entraînement est très dur et la réussite demande de nombreux sacrifices.

Les traditions

Avant le début du match, un petit orchestre joue de la musique. Les concurrents montent alors sur le ring : ils portent un bandeau autour de la tête et des bras: le mong kon. Ce bandeau est un symbole sacré, béni par les prêtres bouddhistes.
Il représente l’union entre tous les boxeurs d’un même camp d’entraînement. L’entraîneur ôtera le bandeau autour de la tête de son élève juste avant le combat mais celui-ci conservera ceux qu’ils ont autour des bras car ces derniers renferment une amulette protectrice en forme de bouddha.
Ensuite, ils entament le rom muay. Il s’agit de mouvements fortement exagérés, exécutés au ralenti, grâce auxquels les participants rendent hommage à tous ceux qui l’ont éduqué (parent et professeur): c’est le respect du savoir et de la sagesse des anciens. Les mouvements, les attitudes composant cette danse sont propres à chaque école de boxe ( camp d’entraînement). Un boxeur ne montera jamais sur un ring sans demander la protection aux esprits.
Le responsable du stadium, lui, procède ,avant les rencontres, à des prières, fait brûler des encens pour éloigner les mauvais esprits et protéger les nakmuays.
L’orchestre quant à lui continue de jouer durant les 5 rounds de 3 minutes.

Les camps d’entraînements

On ne peut parler boxe thaï sans évoquer ces lieux mythiques que constituent les célèbres camps d’entraînement thaïlandais. On en dénombre plusieurs milliers dont 500 rien que dans la région de Bangkok. C’est une école de formation qui fonctionne sur le principe de l’internat. Le recrutement se fait dés l’âge de 6/7 ans. L’enfant est en charge totale du camp. En contrepartie, lorsqu’il sera professionnel, l’élève remboursera ses années « d’étude » en reversant à son camp 50% environ de ses gains. Le programme d’entraînement est intense (5/6h par jour). Durant cet entraînement, ils devront acquérir des qualités de rapidité, de concentration… Sa vie sera voué à la boxe thaï.

Où voir de la boxe thaïlandaise?

Vous pourrez voir le meilleur de la boxe thaï combattre à Bangkok

  • Stadium Lumphini. Rue Th Phra Ram IV. Tél: 02-251-4303. Les tarifs sont entre 1000 et 2000 Bahts.
  • Stadium Ratchadamnoen. Rue Th Ratchadamnoen Nok. Tél: 02/281-4205. Tarifs identiques.
    Les combats ont lieu toute la semaine en alternance entre les 2 stades.

Phuket

  • Salle Rawai Muay Thai. Rue Th Sai Yuan Tél: 08-1476-9377 ou www.rawaimuaythai.com.
  • Salle Promthep Muay Thai Camp. Rue Soi Yanui. Tél: 08-5786-2414.

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